Working Equitation : le parcours de Camille Le Borgne et de son cheval Jabu
Lors du Championnat du Monde EdT de Jerez en septembre 2026, l'équipe de France a fait à titre individuel et collectif un magnifique parcours en terminant 2è mondiale à un cheveu des 1ers, l'équipe portugaise.
Cette équipe de France était composée de jeunes talents récemment révélés et de talents confirmés : Camille LE BORGNE, Thierry VERGEZ, Geoffrey LEGER, Yannis MADRID, une fille et trois garçons.
Quatre Fantastiques qui ont fait honneur aux qualités de toujours de la Grande Equitation Française, la Furia Francese et le French Flair avec 2 titres mondiaux en individuels la vitesse (Thierry) et le Tri (Geoffrey)
Aujourd'hui, Honneur aux Dames, nous publions un article sur Camille LE BORGNE, 3è mondiale en maniabilité vitesse individuelle. Camille est une vraie révélation dont le succès, auquel personne ne croyait vraiment il y a 18 mois, souligne la très grande importance de la joyeuse complicité active entre le cheval et son cavalier (sa cavalière).
Camille Le Borgne : une passion pour les chevaux depuis l’enfance
Bonjour à tous !
Je me présente, je m’appelle Camille Le Borgne. Je suis cavalière, coach (titulaire du DEJEPS) et juge régional de Working Equitation (Équitation de Travail en français). Je fais partie de l’équipe de France, revenue vice-championne du monde lors des derniers Championnats du monde à Jerez de la Frontera, en Espagne. Et voici mon parcours.

Je suis originaire de Lorraine, près de Nancy, et je vis actuellement en Alsace, à proximité de Saint-Louis. J’ai commencé l’équitation très jeune et j’en suis tout de suite devenue accro ! Mais mes parents n’avaient pas les moyens de me permettre de monter régulièrement en club et de suivre le parcours classique d’apprentissage. J’ai tout de même passé quelques années en centre équestre avant de devoir trouver d’autres alternatives pour être avec les chevaux et monter un peu.
Une amie de mes grands-parents avait des chevaux et des poneys au pré, dont je pouvais m’occuper et que je pouvais monter à ma guise, du moment que je prenais soin d’eux. J’ai donc principalement fait mes armes en montant en licol et à cru dans leur parc, en sautant des troncs d’arbres et en partant en balade avec eux.
J’allais aussi démarcher des écuries proches de chez moi en demandant aux gérants si je pouvais leur donner un coup de main, juste pour passer du temps avec les chevaux. Certains me laissaient monter, d’autres me laissaient simplement m’occuper d’eux. J’arrivais aussi, de temps en temps, à reprendre quelques cours en centre équestre en mettant de l’argent de côté à chaque anniversaire et à Noël, avec toujours une participation de mes parents.
Une chose est sûre : je savais ce que je voulais et je ne lâchais pas l’affaire !

Devenir cavalière et coach équestre : un parcours guidé par la passion
Je suis même partie vivre un an en Australie pour me former dans le milieu équestre en travaillant dans différentes écuries de toutes sortes (dressage, poneys de sport, western, saut d’obstacles, concours complet, etc), perfectionner mon anglais et vivre de nouvelles aventures. Mes premières expériences de tri du bétail à cheval remontent d’ailleurs à mon passage dans un ranch en Australie !
À mon retour en France, j’ai ensuite enchaîné différents boulots, plus variés les uns que les autres, avec toujours le même objectif en tête : avoir suffisamment d’argent pour avoir mon cheval et m’en occuper correctement, tout en gardant à l’esprit que je voulais un jour travailler dans le milieu équestre.
J’ai entre autres été sous-officier de gendarmerie en Poitou-Charentes, avec l’envie d’intégrer la prestigieuse Garde Républicaine. J’ai également été cavalière-groom en région parisienne pendant un temps, puis ma situation personnelle m’a amenée à poser mes valises en Alsace.
J’y ai trouvé un emploi chez Novartis, où je travaille toujours aujourd’hui à temps plein en tant que MBR Designer. C’est aussi en Alsace que j’ai entrepris les démarches pour obtenir mon DEJEPS sports équestres, option dressage. Grâce à ce diplôme, je peux enfin toucher du doigt mon envie de travailler avec les chevaux, en cumulant mon emploi à temps plein avec quelques cours et stages sur mon temps libre.
Et qui sait… Peut-être qu’un jour, mon rêve de travailler à temps plein avec les chevaux se réalisera…

Jabugueno 3R (Jabu) : le cheval qui a changé sa vie
Assez parlé de moi ! Maintenant, parlons de celui sans qui je ne serai pas en train de vous raconter tout ça…
Mon plus grand rêve, à l’époque, était d’avoir mon propre cheval. Ce rêve est devenu réalité à mes 21 ans, dès que j’ai eu un emploi stable — pendant ma période en gendarmerie — qui me permettait d’assumer tout ce que représentait l’accueil d’un cheval.
Jabugueno 3R (Jabu pour les intimes) entrait dans ma vie et allait tout chambouler… Mais ça, je ne le savais pas encore !
Nous voilà donc à nos débuts : Jabu, petit cheval de Pure Race Espagnole, entier à l’époque, âgé de 5 ans, à peine débourré, avec une personnalité très affirmée, sans grands moyens sportifs apparents pour l’avenir, mais avec un cœur gros comme lui.
Et moi, une cavalière plutôt basique, qui n’avait jamais eu de cheval auparavant, mais qui avait des rêves plein la tête, une soif d’apprendre et surtout, une envie folle de créer une vraie relation avec ce cheval dont j’avais tellement rêvé…
Honnêtement, je pense que personne n’aurait misé une pièce sur nous à l’époque, quant à notre capacité à arriver un jour là où nous en sommes aujourd’hui !
Oui, mais voilà…
On a travaillé dur, on a évolué, on s’est trompés (moi plus que lui, d’ailleurs), on a recommencé et on s’est construits ensemble jours après jours. On est devenus un vrai binôme qui se connaît par cœur… Avec nos qualités et nos défauts !

Il m’a fait me remettre en question un millier de fois et m’a permis de devenir une meilleure version de moi-même. Il a changé beaucoup de choses dans ma façon de voir les chevaux et a contribué à faire de moi la personne que je suis aujourd’hui. Il m’a tellement appris sur les chevaux et sur moi-même ! Rien que pour ça, je lui en serai éternellement reconnaissante…
Les résultats de Camille Le Borgne et Jabu en dressage et en compétition
Le dressage classique et les Championnats d’Europe MCI
D’un point de vue sportif, il m’a offert nos premiers Championnats d’Europe MCI lors de notre première année de compétition, en catégorie jeunes chevaux, avec déjà une troisième place sur notre première épreuve.
Puis, quelques années plus tard, il m’a offert un deuxième Championnat d’Europe MCI, avec une troisième place au classement général à la clé, en Amateur 1. Il m’a aussi offert une cinquième place aux Championnats de France de dressage FFE, au Mans, la même année, face à tous les chevaux allemands. Et, toujours cette année, j’ai obtenu mon DEJEPS sports équestres, option dressage. Quelle année !

Les débuts en Working Equitation et le titre de champions de France
Puis sont arrivés nos débuts en Working Equitation, avec un titre de champions de France du niveau Confirmé dès notre première année de compétition…
Grâce à cela, nous avons rapidement été repérés par les juges et les sélectionneurs du circuit, ce qui nous a permis d’intégrer le « groupe France » et de suivre les entraînements avec l’équipe et les autres présélectionnés.
Nous sommes ainsi passés directement au niveau Master B et avons participé à nos premiers concours internationaux dès notre deuxième année de compétition en Working Equitation ! On s’est aussi payé le luxe de sortir sur un Saint-Georges en dressage classique, en mors simple et sans éperons juste pour le plaisir de s’amuser ensemble sur une piste de dressage. Un petit retour aux sources le temps d’un concours !
De l’équipe de France au titre de vice-champions du monde de Working Equitation
Un an plus tard, nous nous sommes lancés dans les Championnats de France et avons décroché le titre de champions de France en Master B.
Encore un an après, nous avons obtenu notre sélection en équipe de France et nous nous sommes offerts, à quatre binômes, cet incroyable titre de vice-champions du monde par équipe…

Working Equitation et bien-être du cheval : la performance dans le respect du cheval
Alors bien sûr, quand je tire le bilan sportif de notre parcours depuis nos débuts, je suis plus qu’heureuse de tout cela !
Mais là où je trouve ma véritable fierté et mon plus grand bonheur, c’est lorsque Jabu m’offre sa confiance au quotidien, lorsque nous jouons au sol en liberté, lorsqu’on a fait nos premiers pas en cordelette, lorsque j’ai pu monter sur son dos pour la première fois sans aucun harnachement, lorsque je le vois épanoui dans son écurie active, ou encore lorsqu’il est au pré avec ses copains et qu’il choisit de me rejoindre pour passer un moment avec moi.

Quel bonheur de voir le cheval confiant et serein qu’il est devenu aujourd’hui, lui qui a toujours été très sensible et émotif… Le voir apaisé, volontaire et participatif dans nos séances, quelles qu’elles soient, me remplit de joie et de fierté quand je mesure tout le travail accompli ensemble.
Et oui, je suis compétitrice, et oui, j’aime le sport. Mais il me tient vraiment à cœur de montrer qu’on peut allier le bien-être du cheval, en lui offrant des conditions de vie adaptées et un quotidien varié, à la performance sportive, même à haut niveau. Ces deux mondes peuvent et doivent coexister. J’y crois.
Jabu, c’est avant tout mon partenaire, mon ami, celui dont j’ai rêvé pendant tant d’années… Et ma priorité, c’est qu’il soit bien dans son corps comme dans sa tête ! Le reste n’est que du bonus.
Camille
Camille Le Borgne a remporté la 3è place au Championnat du Monde d'Équitation de Travail par équipe à Jerez en septembre 2026.
Voici son parcours de Maniabilité Vitesse en Working equitation :





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